samedi 15 janvier 2011

807 : fin de l'acte II

Les 807 partent dans quelques jours en vacances pour une durée indéterminée. Cela leur permettra de réfléchir s'ils rempilent pour une troisième saison et, dans ce cas, avec quelle formule. Vos propositions de formule sont les bienvenues.
Photo (c) Estelle Ogier
Je ne savais pas à quoi m'attendre avec cette deuxième saison, certains ne croyaient pas à la formule du triptyque, d'autres souhaitaient que je leur indique une direction (aphorisme ? micro-nouvelle ?), la liberté c'est un peu déstabilisant au début. Finalement, chacun a apporté avec ses mots : ses doutes, ses angoisses, ses bonheurs, ses jeux ; bref, de la matière vivante. Comme pour la première saison, la richesse de cette aventure vient de la différence des participants.

Je vous rassure tout de suite, le taulier ne va pas s'ennuyer, bien occupé avec Poker is war, une expérience d'écriture à six mains. Et si vous ne pouvez vous passer de nombres, retrouvez le 808 dans le Convoi des glossolales tous les lundis, et maintenant les jeudis aussi.

Enfin, comme cadeau, voici la préface du livre Les 807 (toujours en vente ici). C'est ma première et unique préface à ce jour. Le plus important dans ces lignes, ce sont les remerciements, sincèrement. Je les renouvelle, et les étends aux nouveaux participants et lecteurs. Et comme je vous connais, je devine votre question : la saison 2 sera-t-elle publiée en livre ? La seule réponse que je puisse vous donner aujourd'hui sera laconique et normande : peut-être que oui, peut-être que non.
samedi 27 mars 2010
0 – Préface

Vous tenez entre les mains un livre unique. D’une part par le nombre d’auteurs, une centaine, d’autre part parce qu’il s’agit d’une suite de déclinaisons du nombre 807, drôle d’idée. En d’autres termes, ce livre, c’est n’importe quoi. La suite, logique diront certains – alors que logique, cette entreprise est tout le contraire –, du blog du même nom.

Il me faut donc parler du blog, de sa genèse. Nouveau dans ce monde qu’on appelle la blogosphère, je publie en décembre 2008 un article qui parle de L’Autofictif, le blog d’Éric Chevillard et de celui, fermé depuis, de Xavier Garnerin. Je pose, sans aucun calcul, les bases de ce qui allait devenir les 807. Je relis mon article plusieurs fois les jours suivants (une technique comme une autre pour augmenter le nombre de visites de mon blog) et je me dis que finalement, cette idée des 807, pourquoi pas ? Je contacte deux amateurs de l’œuvre chevillardienne pour leur proposer de tenter l’aventure, Clopine Trouillefou et Xavier Garnerin, puis deux autres, Emmanuelle Urien et François Bon. Ensuite, tout s’enchaîne rapidement, comme une cigarette allumée jetée dans un buisson provençal en plein vent sous un cagnard aoûtien. L’incendie prend, je reçois des dizaines de propositions, en rejette un bon nombre, et nous arrivons, après quelques mois, à 807. Mon seul talent dans cette affaire reste d’avoir été une allumette, un catalyseur. On m’a aussi traité d’animateur, d’éditeur, de génie, de taulier, de malade. Je le concède volontiers, je suis un taulier.

Les 807 constituent surtout une expérience participative inédite, sorte d’atelier d’écriture virtuel où chacun apporte son style, ses thèmes, en se confrontant à la contrainte. D’aucuns parlent d’esprit oulipien, comme si toute écriture à contrainte était oulipienne. La référence est certes flatteuse, mais grandement surestimée. L’Oulipo, c’est de la littérature, les 807, un divertissement vaguement littéraire. Ce qui lie chacun des auteurs, c’est le jeu. Oui, le jeu avant toute chose.

Et Éric Chevillard, dans tout ça ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les 807 ne sont pas qu’un repaire de fans de l’écrivain. Bon nombre de participants ne l’ont pas lu, d’autres m’ont avoué ne pas apprécier ses livres. Bien entendu, il ne faut pas le nier, ce n’est pas une maladie honteuse, certains l’apprécient beaucoup (j’ai déjà donné quatre noms). En ce qui me concerne, je suis partagé entre l’admiration et la totale incompréhension.

Quant à Éric Chevillard, je ne l’ai nullement concerté, n’ai pas demandé d’autorisation et ai pompé sans scrupules quelques-uns de ses aphorismes pour les 807. On m’a dit que ça le faisait marrer. Puis, ne pouvant nier qu’il était au courant je lui ai proposé via une intermédiaire de charme de terminer l’expérience, et je le remercie une nouvelle fois pour ce 807e 807.

J’anticipe votre lecture du 806e : merci aux participants, merci aux lecteurs. Et merci à Xavier Garnerin pour le boulot que représente cette version papier.
~ franck garot

Merci à Estelle Ogier pour la photo. Retrouvez ses triptyques sur Espace childfree.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci à toi, Franck !

P & P

Estelle Ogier a dit…

Belle énergie que d'allumer le feu créateur chez les autres. Mes hommages du soir cher taulier et tous mes remerciements pour ces lectures en souhaitant une continuité que vous déciderez ou pas...

Douglas a dit…

J'espère sincèrement une 3ème saison ! N'ayant eu le temps de participer à la 2ème ... ;o)