samedi 22 janvier 2011

Passage en revue

Vous pouvez lire mon texte Le retour de Babylone dans le premier numéro de la revue Distortions qui paraît en format numérique. J'ai répondu positivement à l'appel d'amies huitcentseptistes en écrivant sur le thème imposé : colères de la ville.

J'ai dédié ce texte court à Joël Hamm tant je l'ai senti derrière moi lorsque je l'ai créé, tant j'ai vu son ombre sur le clavier. Cliquez sur l'image pour accéder à la revue.

Je ne sais où va cette revue. Sûrement nulle part comme tout projet artistique, comme mes projets. Et je continue d'écrire, et parfois de composer, parce que même si le voyage mène nulle part, même s'il est parfois dur, voire cruel, il est parsemé de belles rencontres.

J'en profite pour signaler la naissance d'une autre revue, À la dérive qui se définit comme « la revue qui ne sait pas où elle va ». Le thème de son premier numéro : bâtir de beaux monstres. On m'avait aussi sollicité mais n'ai pas trouvé le temps d'écrire, ou composer. Une prochaine fois sûrement.

samedi 15 janvier 2011

807 : fin de l'acte II

Les 807 partent dans quelques jours en vacances pour une durée indéterminée. Cela leur permettra de réfléchir s'ils rempilent pour une troisième saison et, dans ce cas, avec quelle formule. Vos propositions de formule sont les bienvenues.
Photo (c) Estelle Ogier
Je ne savais pas à quoi m'attendre avec cette deuxième saison, certains ne croyaient pas à la formule du triptyque, d'autres souhaitaient que je leur indique une direction (aphorisme ? micro-nouvelle ?), la liberté c'est un peu déstabilisant au début. Finalement, chacun a apporté avec ses mots : ses doutes, ses angoisses, ses bonheurs, ses jeux ; bref, de la matière vivante. Comme pour la première saison, la richesse de cette aventure vient de la différence des participants.

Je vous rassure tout de suite, le taulier ne va pas s'ennuyer, bien occupé avec Poker is war, une expérience d'écriture à six mains. Et si vous ne pouvez vous passer de nombres, retrouvez le 808 dans le Convoi des glossolales tous les lundis, et maintenant les jeudis aussi.

Enfin, comme cadeau, voici la préface du livre Les 807 (toujours en vente ici). C'est ma première et unique préface à ce jour. Le plus important dans ces lignes, ce sont les remerciements, sincèrement. Je les renouvelle, et les étends aux nouveaux participants et lecteurs. Et comme je vous connais, je devine votre question : la saison 2 sera-t-elle publiée en livre ? La seule réponse que je puisse vous donner aujourd'hui sera laconique et normande : peut-être que oui, peut-être que non.
samedi 27 mars 2010
0 – Préface

Vous tenez entre les mains un livre unique. D’une part par le nombre d’auteurs, une centaine, d’autre part parce qu’il s’agit d’une suite de déclinaisons du nombre 807, drôle d’idée. En d’autres termes, ce livre, c’est n’importe quoi. La suite, logique diront certains – alors que logique, cette entreprise est tout le contraire –, du blog du même nom.

Il me faut donc parler du blog, de sa genèse. Nouveau dans ce monde qu’on appelle la blogosphère, je publie en décembre 2008 un article qui parle de L’Autofictif, le blog d’Éric Chevillard et de celui, fermé depuis, de Xavier Garnerin. Je pose, sans aucun calcul, les bases de ce qui allait devenir les 807. Je relis mon article plusieurs fois les jours suivants (une technique comme une autre pour augmenter le nombre de visites de mon blog) et je me dis que finalement, cette idée des 807, pourquoi pas ? Je contacte deux amateurs de l’œuvre chevillardienne pour leur proposer de tenter l’aventure, Clopine Trouillefou et Xavier Garnerin, puis deux autres, Emmanuelle Urien et François Bon. Ensuite, tout s’enchaîne rapidement, comme une cigarette allumée jetée dans un buisson provençal en plein vent sous un cagnard aoûtien. L’incendie prend, je reçois des dizaines de propositions, en rejette un bon nombre, et nous arrivons, après quelques mois, à 807. Mon seul talent dans cette affaire reste d’avoir été une allumette, un catalyseur. On m’a aussi traité d’animateur, d’éditeur, de génie, de taulier, de malade. Je le concède volontiers, je suis un taulier.

Les 807 constituent surtout une expérience participative inédite, sorte d’atelier d’écriture virtuel où chacun apporte son style, ses thèmes, en se confrontant à la contrainte. D’aucuns parlent d’esprit oulipien, comme si toute écriture à contrainte était oulipienne. La référence est certes flatteuse, mais grandement surestimée. L’Oulipo, c’est de la littérature, les 807, un divertissement vaguement littéraire. Ce qui lie chacun des auteurs, c’est le jeu. Oui, le jeu avant toute chose.

Et Éric Chevillard, dans tout ça ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les 807 ne sont pas qu’un repaire de fans de l’écrivain. Bon nombre de participants ne l’ont pas lu, d’autres m’ont avoué ne pas apprécier ses livres. Bien entendu, il ne faut pas le nier, ce n’est pas une maladie honteuse, certains l’apprécient beaucoup (j’ai déjà donné quatre noms). En ce qui me concerne, je suis partagé entre l’admiration et la totale incompréhension.

Quant à Éric Chevillard, je ne l’ai nullement concerté, n’ai pas demandé d’autorisation et ai pompé sans scrupules quelques-uns de ses aphorismes pour les 807. On m’a dit que ça le faisait marrer. Puis, ne pouvant nier qu’il était au courant je lui ai proposé via une intermédiaire de charme de terminer l’expérience, et je le remercie une nouvelle fois pour ce 807e 807.

J’anticipe votre lecture du 806e : merci aux participants, merci aux lecteurs. Et merci à Xavier Garnerin pour le boulot que représente cette version papier.
~ franck garot

Merci à Estelle Ogier pour la photo. Retrouvez ses triptyques sur Espace childfree.

lundi 3 janvier 2011

C'était les Glossos

Je suis actuellement dans l'écriture d'un livre ambitieux (taille, forme et contenu) avec deux comparses ce qui réduit considérablement mon temps de cerveau disponible pour mes autres projets. Mes deux seules récréations littéraires sont les 807 (que je compte suspendre prochainement) et depuis peu, le convoi des glossolales.

Drôle de convoi
Ce blog collaboratif a pour taulier un dénommé Anthony Poiraudeau qui chaque jour agrège des paragraphes (un par auteur) reçus la veille et publie le tout sans ordre particulier, sans lien non plus. La seule contrainte pour ceux qui le souhaitent étant de se tenir à une fréquence. Les auteurs ne se connaissent pas forcément, ni ne savent ce que les autres envoient. De la juxtaposition des paragraphes naît un grand n'importe quoi, une poésie inédite.
Peut-être ne connaissez-vous pas le sens du mot glossolale (n'ayez pas honte, c'était mon cas). Il n'y a guère que Claro pour utiliser glossolalie (lu dans CosmoZ, un clin d'œil ?). Le Trésor de la Langue Française informatisé parle d'un don surnaturel de parler spontanément une langue étrangère (chez les premiers chrétiens) ou encore d'une langue inintelligible que parlent les mystiques en début d'extase ensuite concernant une expérience de glossolalie : les vrais chrétiens et les poètes trouvent presque fatalement l'expression rythmée, poétique. Je parlais de n'importe quoi et de poésie... Enfin, d'un point de vue médical : Langage imaginaire de certains aliénés, fait d'onomatopées dont la relative fixité au point de vue de la syntaxe et du vocabulaire permet la compréhension dans une certaine mesure. Bref, un truc de malades, donc parfait pour moi.

J'ai donc décidé de rejoindre ce convoi fol et envoie chaque lundi un paragraphe le plus souvent écrit le matin même dans le tramway sur le téléphone mûre en anglais prêté par mon entreprise. J'ai ajouté comme contraintes d'écriture que chaque paragraphe comporte le nombre 808, commence par un prénom (par ordre alphabétique) et que les personnages se retrouvent tous dans la rue pour un événement à définir. Je ne sais pas comment travaillent les autres. En ce qui me concerne, je n'ai pas de paragraphe d'avance, et n'ai qu'une vague idée pour la dernière contribution.
Je rassemblerai le résultat sur Vers minuit. Je reproduis en avant-première le paragraphe livré aujourd'hui, en ligne demain (ne le dites pas à Anthony, il n'est pas au courant) :
Gwen se réveille dans un lit qui n'est pas le sien auprès d'une femme qu'il connaît depuis quelques heures à peine. Enfin, il ne connaît d'elle que ses lèvres, sa chaleur et ses rondeurs. Il n'en souhaite pas davantage. Il se souvient d'une partie de cash game la veille où il a encore plumé des fishs (devrait-il dire écaillé ?). Pas besoin de mémoire pour savoir la suite, l'éternel triptyque de ses nuits rythmées au blues : bar, club, hôtel. Une soirée que son banquier comptabilisera à 808 euros, rien en regard de ses gains. Il se lève, ramasse ses vêtements dispersés dans la suite nuptiale. C'est en voyant le nom de l'hôtel en sortant, Hôtel Azur, que lui revient son programme des trois prochains jours : il s'envole aujourd'hui pour Malte où il assistera à une conférence et en profitera pour continuer la formation de poker qu'il dispense à ce jeune Alex, ou Soren, à moins qu'il ne s'appelle Romain ou Clovis. Il lui faut héler un taxi. Justement en voici un qui passe devant lui et stoppe à l'arrêt de bus proche. Il a entr'aperçu le visage dévasté du client. Le blues toujours. Passons maintenant à la Grande Bleue.

Bien entendu, ce Gwen existe. Il sort directement du livre en cours d'écriture. C'est un bonus, une scène coupée au montage à situer, sauf changement, entre les chapitres 5 et 6 de Poker is war (éditions Praxeo). Quant au client du taxi, c'est le Benoît du 29 novembre 2010, l'écriture sans plan n'empêche pas le tressage narratif.


C'était
C'était de Joachim SénéJoachim Séné que vous avez pu lire sur ce blog lors de mon unique participation à ce jour aux Vases communicants a lui aussi rejoint le convoi depuis quelques mois. Il a décidé de participer chaque jour ouvré et ses contributions commencent toutes par C'était. Voici les 5 premiers paragraphes qui représentent la première semaine :
C'était subir chaque matin la stridance du radio-réveil, l'appel au levé, au garde-à-vous et avoir, à ce moment, depuis son lit, la vision du bureau, là-bas, et du temps à y passer, assis, tête baissée vers l'écran.

C'était d'arriver le matin pour trier les mails, passer du temps, classer en listes. Jusqu'à la première sonnerie du téléphone, ou jusqu'au premier mail urgent.

C'était lancer une blague, potache, à travers l'openspace, et dépressuriser d'un coup tout le bureau, pendant cinq minutes, avant que l'entrechoc plastique et liquide des claviers ne reprenne.

C'était mettre le casque pour visionner une vidéo tout juste reçue par mail, et ne pas rire trop fort. La faire suivre, éventuellement, choisir à qui.

C'était, au début, répondre au téléphone de son voisin parti en pause, en réunion ou aux toilettes, se lever pour aller le trouver, finalement prendre un message et puis, avec le temps, laisser sonner, laisser sonner et s'énerver car si ça ne répond pas pourquoi laisser sonner dix fois ? Finalement, épuisé de ça, décrocher, battu.

J'aime beaucoup. Nous sommes loin de la froideur et des névroses houellebecquiennes de L'Extension du domaine de la lutte. Nous sommes plutôt dans la description du monde du travail que je connais, sans cliché, et avec malgré tout une empathie que je trouve nécessaire pour aborder ce sujet. Sortir du méchant chef et de la gentille victime exploitée, pour analyser les relations entre les collègues. Je me retrouve beaucoup dans la prose de Joachim, comme quand le narrateur dit apprécier de travailler quand le bureau est désert, de déjeuner seul avec un livre, etc. C'était c'est moi !
Vous trouverez rassemblées les contributions 2010 de Joachim sur son site/blog sous divers formats. Cela vous donnera peut-être envie de lire ses œuvres chez publie.net, notamment La Crise et Sans. Je n'ai pas encore décidé ce qui arrivera à mon personnage de la lettre J, je sais déjà qu'il se prénommera Joachim.

jeudi 25 novembre 2010

Rendez-vous à Bures ?

(c) Affiche du Salon de la Nouvelle de Bures, par Nicolas David Ce week-end aura lieu le premier Salon de la Nouvelle de Bures. On annonce du beau monde, Georges-Olivier Châteaureynaud, Emmanuelle Urien, Luc-Michel Fouassier, etc., d'excellents éditeurs comme D'un Noir si Bleu ou La Dragonne, et d'indispensables revues : Brèves, Rue Saint-Antoine, entre autres. De plus, à ne pas manquer, Pascale Arguedas animera une table ronde sur le thème « Pourquoi faire court quand on peut faire long ?». Programme complet disponible ici.

Cette manifestation est organisée par l'association Parlons Nouvelles en Vallée de Chevreuse de Sophie Stern qu'on a pu lire dans le recueil Pas de travail qui vaille.

Bon, on s'y retrouve ?
_____
(c) Affiche du Salon de la Nouvelle de Bures, par Nicolas David

mardi 19 octobre 2010

Les tiroirs

Je parle rarement ici de ma vie, ma famille, mon travail : chaque chose dans son tiroir. Parfois, inévitablement, les tiroirs communiquent. Alors, pour fêter un événement récent, je vous offre ce soir une Jivaro écrite l'année dernière mais qui colle très bien. La scène ne s'est pas tout à fait déroulée ainsi, cependant le résultat reste le même.
Étreinte

C’était la première fois que je le voyais. Je n’avais pas peur, je savais qu’il me donnerait ce que j’étais venu chercher. D’ailleurs, nous étions tous venus pour ça.
Il ne résista pas longtemps. Nous nous retrouvâmes rapidement allongés sur le tapis. Je l’avais saisi assez rudement et il avait peu résisté à mon étreinte. Il subissait, j’adorais ça. Je ne le lâchais pas : nous ne faisions plus qu’un.
Puis nous entendîmes : Temps ! et l’arbitre cria : Ippon, sorremade.
Cette immobilisation m’apporta les dix derniers points pour ma ceinture noire de judo.


vendredi 17 septembre 2010

Copier/coller

Ce soir, abordons le sujet du copier/coller. Parce que, je l'avoue, je suis comme Houellebecq !


L'affaire Houellebecq
La Carte et le territoire de Michel HouellebecqJe ne suis pas un grand admirateur de Michel Houellebecq. J'avais apprécié Extension du domaine de la lutte, j'avais beaucoup aimé Les Particules élémentaires, mais j'ai séché sur le reste. D'ailleurs La Possibilité d'une île prend la poussière dans ma bibliothèque, je ne l'ai pas encore ouvert.

Ceci dit, je trouve cette accusation de plagiat proprement ridicule (l'auteur a utilisé des articles de Wikipedia (tiens, pas de lien, ils ont eu assez de publicité) et d'autres sources dans son roman, La Carte et le territoire). Après nous avoir bassinés avec « la rentrée littéraire », le nombre de romans, les chiffres de vente, il fallait un scandale à la hauteur de celui, tout aussi ridicule, concernant Marie NDiaye l'année dernière (pour mémoire un écrivain qui obtient le prix Goncourt, n'aurait pas le droit de critiquer son pays, ses propos fussent-ils antérieurs à l'obtention dudit prix).

Les écrivains sont des éponges. Ils absorbent quantité de mots (un dialogue dans un bus, une affiche, une scène d'un film, etc.), les digèrent, et créent des fictions. Les emprunts de Houellebecq (il les appelle à juste titre des matériaux) sont indéniables. So what? Ce n'est pas exactement du copier/coller, car il a retravaillé les passages pour qu'ils s'intègrent dans son roman. Il n'a fait que son boulot, trouver des mots et les mettre ensemble.

Le problème de cette histoire, c'est qu'elle monopolise l'attention des médias. C'est quand qu'on parle littérature ?


Coming out
Autant prévenir tout de suite les journalistes, dans l'hypothèse où je publierais un jour un livre goncourisable, je pratique aussi le copier/coller. Et comme mon ego surclasse largement celui de Houellebecq, que je considère ma prose comme excellente, je me copie mes propres écrits ! Voici les preuves à charge...

Dans une de mes premières nouvelles écrite en 2004, Rève malgache publiée dans la revue Méfaits et Gestes n°3 en janvier 2007, on peut lire :

(...) À l’époque où il travaillait encore, il prenait ce tramway chaque jour et, quand la saison le lui permettait, il pouvait admirer un panorama que n’auraient pas renié Monet et Boudin ; un ciel d’estuaire, quoique moins changeant, avec des camaïeux de rose et de bleu, et une lumière rasante donnant des reflets cuivrés aux nuages. Il calait même parfois son horaire de travail sur celui du soleil pour en profiter davantage. Les autres usagers avaient le nez dans leur journal gratuit ou leur roman payant ; ils étaient peu nombreux comme lui à observer les changements de saison dans le ciel parisien. (...)

Le 28 juin 2009, sur ce même blog, je publie une Jivaro :

Impressionniste

Le train de banlieue le menait tranquillement vers la capitale. La peinture achetée la veille dans son sac, il portait son regard sur la ville qui s’approchait.
Il était tôt. Il pouvait admirer un panorama que n’auraient pas renié Monet et Boudin, ses références ; un ciel d’estuaire, quoique moins changeant, avec des camaïeux de rose et de bleu, et une lumière rasante donnant des reflets cuivrés aux nuages de ce ciel parisien.
Il descendit du train, il longea les voies jusqu’au tunnel. Il sortit les bombes de son sac et commença à tagguer son nom : MoneZ.

Édifiant, non ? Enfin, sans aucune honte j'aggrave mon cas en formant un triptyque avec le même passage pour la saison 2 des 807,. Voyez ce numéro 47 du 7 mars 2010 :

L'âme sur la toile

« Un ciel d’estuaire, avec des camaïeux de rose et de bleu, et une lumière rasante donnant des reflets cuivrés aux nuages... » le guide continue sa description du tableau tandis qu'une larme coule sur la joue de l'aveugle.

Dubuffet ? des gribouillis ; Monet ? des taches de couleur ; Pollock ? des pâtés de peinture ; Picasso ? des visages qui ne ressemblent à rien ; Warhol ? de mauvaises photocopies... Vous voulez que je vous parle des 807 peintures vues au MoMA ? Inutile. Celles de mon fils les surpassent toutes. Et il n'est qu'en petite section !

« J'ai voulu la peindre avec les couleurs de son âme », seront les seuls mots de l'accusé, professeur aux Beaux-Arts, pendant son procès pour expliquer son geste : l'assassinat de sa voisine et le découpage de sa boîte crânienne avec une scie égoïne.

Si avec un tel scandale je n'obtiens pas le Goncourt ! Sérieusement, pourquoi ces copier/coller ? Simplement parce j'ai trouvé ma nouvelle Rève malgache devenue Poussière rouge finalement un peu faiblarde et ai décidé de la jeter. Je l'ai auparavant dépecée de deux passages intéressants, celui-ci pour la nouvelle de 100 mots, et un autre qui a intégré un livre sur les doughnuts en préparation. Quand j'ai voulu écrire un triptyque sur la peinture après une visite du MoMA en janvier dernier, j'ai aussitôt pensé à la mini-nouvelle. Je trouve assez amusante cette réutilisation du passage, où il prend une dimension différente à chaque fois.

Quatre carnages et un enterrement de Françoise GuérinSi l'inspiration vous titille, n'hésitez pas reprendre ce passage pour écrire un texte (je promets de ne pas réclamer de droits, ni de procès). Un peu à la manière de Francoise Guérin qui propose dans son livre Quatre carnages et un enterrement des pistes d'écriture à partir de ses propres nouvelles. Je conseille fortement ce livre (chez D'un Noir Si Bleu, éditeur toujours aussi excellent) à tous les apprentis nouvellistes, aux animateurs d'ateliers d'écriture, aux profs et aux amateurs de récits courts et percutants. Car, précisions-le, les nouvelles de Françoise sont excellentes, ce qui ne gâche rien.

dimanche 12 septembre 2010

Swinging London

Je vais régulièrement à Londres pour mon boulot. La dernière fois, fin août, j'en ai profité pour prendre la photo suivante dans le but de vous présenter le blog d'un de mes amis les plus proches. Il a gentiment accepté de la polaroïdiser comme il le fait avec ses photos de street art qu'il prend lors de ses promenades à travers le monde.

Photo: FG

Vous trouverez sur son blog 875 (palfium)* du street art, de la musique sa grande passion, mais aussi de la littérature, surtout si elle parle foot, du cinéma, bref de la culture urbaine et de qualité. Je vous signale son blog, pas uniquement parce que c'est un pote, mais surtout parce que j'aime bien sa manière élégante de traiter ses sujets. Voyez la modestie avec laquelle il parle de sa rencontre avec Willy Ronis quand tant d'autres en auraient fait des tonnes sur le thème du moi-je.

Et puisque j'ai commencé avec Londres, terminons avec Londres (ça fera un post cohérent finalement). Voici ce que j'écrivais l'année dernière après un aller-retour Orly-City dans la journée (bonjour la facture en CO2) : une nouvelle de 100 mots, une Jivaro chère à Luc-Michel Fouassier.

Reportage

City Airport. Juillet. Costumes, chaussures cirées. Tailleurs, tongs. Oyster card, DLR, quai, train. Millennium Dome. Photo.
Canary Wharf et ses banques. Photo.
Tunnel, Bank Station. Photo.
Marcher jusqu’à Saint Paul. Photo.
Taxis noirs, bus rouges, cabines téléphoniques rouges. Photos.
Penser qu’on se rend à la Tate pour un reportage. Alors descendre doucement vers la Tamise. Mais flâner et se perdre. Tomber sur the Church of Scientology. Photo.
Tom Cruise dans les locaux selon le Daily Mirror. Des fans dehors. Une voiture diplomatique, un conseiller de l’Élysée. Photo.
Gorille aux trousses. Look right ! Bus, choc. Fin du reportage.


Photo: FG